Hangar N°7 - Les révélations de Mr Smith

22 avril 2013

L'Affaire des Autoportraits d'E.P.Jacobs

Relayée dernièrement par le forum Centaur Club et le blog Blake, Jacobs & Mortimer, une information concernant la mise en vente d'un document original d'Edgar P. Jacobs me fournit l'occasion d'une révélation complémentaire :

- la pièce en question est un calque préparatoire de la planche n°61 de l'Affaire du Collier, proposé par le marchand belge Alain Van Neyghen (www.9emeartgallery.com)...

Or, la particularité de ce crayonné réside dans sa dernière case où, manifestement, E.P. Jacobs s'est représenté en journaliste téléphonant à sa rédaction. En voici un aperçu (détail "optimisé" par nos soins) :

Autoportrait-EPJ_Collier

 

Journaliste

En définitive, à la publication, il apparaît que l'auteur a changé d'avis pour ne conserver que ses lunettes dans le dessin de ce personnage secondaire ...

Jacobs_lunettes

Mais cela ne s'arrête pas là car, PAR AILLEURS, cette excellente aventure policière de Blake & Mortimer recèle quand même un autoportrait de Jacobs (planche n°35dernière case) Cette fois, se rajeunissant quelque peu, le dessinateur abandonne ses épaisses montures et arbore une chevelure noire (dans la réalité, il lui arrivera aussi de se teindre les cheveux...! ), pour incarner un des adjoints du commissaire Pradier surveillant le joaillier Duranton. Malgré ce "travestissement", on reconnaît néanmoins les traits caractéristiques de l'auteur belge (et aussi son imperméable...)* :

Reille

Une série de photos effectuées pour la préparation de l'Affaire du Collier ** nous montre d'ailleurs un Edgar P. Jacobs posant chez lui dans plusieurs rôles, avec beaucoup de conviction (ce qui démontre encore, si besoin était, son implication totale et son talent de comédien-metteur en scène ! ) . Celle-ci notamment s'en approche assez (même si elle a avant tout servi pour une vue de Pradier à la planche 25...) :

EPJ-pistolet

 

Une raison supplémentaire pour redécouvrir et apprécier à sa juste valeur cet album innovant et sophistiqué, trop souvent mésestimé ( et qui, en tous cas, surclasse sans mal toutes les reprises, à commencer par la dernière en date à l'intrigue policière poussive et au graphisme languide ! ) ... 

(*) On notera aussi l'analogie frappante entre les deux cases en question, E.P.J. incarnant des personnages en pleine communication (téléphonique/radiophonique), tous deux en fin d'une page...

Ainsi, un peu à la manière d'Hitchcock dans ses films, Jacobs s'est donc amusé à s'intégrer furtivement dans cette aventure, au demeurant très cinématographique ! Mais il a finalement opté pour une figuration plus discrète, en se donnant subtilement quelques années de moins (peut-être aussi par coquetterie ?! ) ...

Et pour convaincre les plus sceptiques (que je ne blâme pas puisque le dessinateur a volontairement évité l'évidence flagrante), j'ai réalisé un petit montage simplement avec les lunettes du journaliste de la pl. 61 sur le visage de l'inspecteur de la pl. 35, en grisonnant les cheveux de ce dernier (remarquez au passage l'alliance comme en portait Jacobs) :

Reille-EpJ

Mr SMITH

 

(**) Clichés que l'on peut voir notamment dans le T. 2 de "Egdar P. Jacobs, Biographie du père de Blake et Mortimer", par Philippe Biermé, aux Éditions de l'Âge d'Or ©2010

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15 mars 2013

Du Général au Major

Restons dans l'ambiance hivernale, et de Guerre Froide, propre à SOS Météores ! (1958) pour nous pencher sur un de ses personnages mémorables, l'énigmatique et menaçant Général, qui règne sur la fameuse Station 001, enfouie secrètement sous le domaine de Troussalet, à Buc ! 

General-1

Manifestement, il s'agit d'un éminent représentant de l'état-major de l'U.R.S.S., à qui Edgar P. JACOBS a donné les traits, on le sait, du vice-premier ministre soviétique d'alors, Anastase Ivanovitch MIKOYAN (1895-1978, frère du célèbre constructeur aéronautique, père des redoutables Mig).

General-3

 

MiGStory3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

Mais sans doute pour lui conférer un air plus méphistophélique (un caractère cher à JACOBS ! ), il l'a affublé d'une barbiche (un peu passée de mode déjà à l'époque, soit dit en passant...) vraisemblablement empruntée à une autre figure du communisme, Léon TROTSKY ...

Trotsky-&

Effet glaçant garanti !

Disparu dans l'autodestruction accidentelle de la station-pilote du réseau Cirrus, le Général ne devait plus réapparaître ( espérons que les scénaristes peu inspirés des reprises n'auront pas l'idée saugrenue de le ressuciter, comme c'est hélas trop souvent le cas avec d'autres personnages ! ), contrairement au Prof. Miloch GEORGEVITCH ...

En revanche, son modèle MIKOYAN devait inspirer peu après un autre personnage assez similaire dans une remarquable bande-dessinée d'aventure, Le Lac de L'Épouvante (1960), dont le jeune et intrépide héros est Jacques LE GALL.

jacques_legall_Lac

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Création méconnue du prolifique scénariste Jean-Michel CHARLIER et du dessinateur MITACQ (pour le journal "Pilote" à partir de 1959), cette série réaliste est intéressante à plus d'un titre. Dans l'épisode en question, Jacques LE GALL est sur les traces d'un trésor nazi qui reposerait au fond d'un lac autrichien. Son enquête le mène jusque derrière le Rideau de Fer, à Berlin-Est. Il tombe alors entre les griffes des polices secrètes est-allemande et soviétique qui veulent s'emparer du magot très convoité...

Or l'interrogatoire de notre héros est conduit par deux officiers dont un en civil,  le Major STREBLINSKY, du M.V.D. (une des appellations des services secrets soviétiques), dépêché spécialement par Moscou...

Toplitz-2

Pour sa part, le dessinateur Michel TACQ ne cherche pas ici à dissimuler sous un bouc "postiche" son modèle manifeste :  MIKOYAN !

 

Toplitz-3

 

 

 

 

 

 

 

 

Mikoyan-59

Était-ce là une idée de J.-M.CHARLIER ? En tous cas, comme avec E.P. JACOBS, Général ou Major, même combat (pour le monde libre) !

< Anastase MIKOYAN en 1959

General-2

 

 

 

 

 

Mr SMITH

 

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24 janvier 2013

Décalage horaire chez Labrousse

En cette période de frimas, il me semble opportun de vous soumettre une réflexion pertinente sur un passage de "S.O.S. Météores ! " émise par un de nos distingués visiteurs, M. François Riou, grand amateur de Blake & Mortimer depuis les années 50. Outre qu'il est toujours plaisant pour nous de constater l'acuité du regard de certains lecteurs des albums d'Edgar P. Jacobs, la satisfaction s'avère d'autant plus grande quand ces personnes nous font l'honneur de partager leur passion au sein de ce blog...

Labrousse-home(La fameuse maison attribuée par E. P. Jacobs au spécialiste de la météo Labrousse, à Jouy-en-Josas, prise en photo par notre lecteur - et contributeur - peu après la parution d'Un Opéra de Papier, en 1981 )

SOS-6

Il s'agit des planches n° 8 à 11, correspondant à la soirée du professeur Mortimer chez son collègue Labrousse de Jouy-en-Josas, après l'épisode malheureux du taxi et son bain forcé dans l'étang de Troussalet.

C'est l'enchaînement des faits et leur rythme qui ne cadrent pas avec la déclaration que fera Mortimer le lendemain aux gendarmes, venus enquêter sur la disparition d'Ernest, le brave taximan (notez au passage une autre étourderie : l'inversion des phylactères dans l'échange entre le gendarme et Mortimer) :

sos-10

E. P. Jacobs fixe à 21h45 environ l'arrivée de Mortimer chez Labrousse. Or, entre ce moment et le journal télévisé de 22h30 qu'il regarde avec son hôte, notre ami anglais est censé :

 

sos-7

 

 

- prendre un bain (qu'il faut faire couler au préalable)...

changer de vêtements...

sos-8

 

 

- dîner copieusement (à la mode française ! ) tout en racontant ses mésaventures...

- prendre un café dans la bibliothèque...

 Le tout donc en seulement 3/4 quart d'heure !?

 

sos-9

By Jove,

quelle

soirée !!!

 

Mr Smith

avec l'aimable concours de Mr Riou

 

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02 janvier 2013

Vœux 2013

Merci à tous les visiteurs du Hangar n°7 durant l'année 2012, et bienvenue à tous ceux qui passeront en 2013 !

Je joins mes vœux à ceux d'Edgar P. JACOBS, dans sa période japonaise... :

Voeux_Jap_EPJ-copie

 

明けましておめでとう  2013!*

Votre dévoué

Mr SMITH

 (*) "akémashité omédétoo" 2013 (merci pour la prononciation à notre savante visiteuse "Mitsugoro")

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21 décembre 2012

L'Apocalypse selon JACOBS

On le sait, Edgar P. JACOBS n'était guère optimiste sur l'avenir de l'humanité...

Dans plusieurs de ses albums, il nous présente des visions apocalyptiques de notre planète, provoquées par les éléments naturels ou par la folie même des hommes .

En cette date annoncée comme celle de "LA FIN DU MONDE ", il s'imposait d'évoquer cet aspect récurrent dans l'œuvre du père de Blake & Mortimer :

- L'Enigme de l'Atlantide (1955) :

EdA-1

Dans la Haute Antiquité, le passage d'une comète géante entraîne la chute d'un satellite de la Lune sur la Terre, provoquant un effroyable cataclysme...

  

EdA-2- S.O.S. MÉTÉORES !  (1958) :

SOS

 

 

Dans le plus grand secret, une puissance de L'Est entreprend d'agir artificiellement sur la météo pour paralyser et envahir le Monde Libre, mais la diabolique machinerie devient hors de contrôle, faisant craindre le pire...

 

 

- Le Piège Diabolique (1960) :

 Au XXIe siècle (on y est !) , notre planète est ravagée par une guerre mondiale nucléaire et bactériologique qui ramène quasiment toute l'humanité à l'Âge de Pierre...

PDiab-2

 

PD_apo 

 

Malgré toute cette noirceur, l'auteur belge laisse toujours entrevoir une lumière d'espoir, celle d'un salut et d'une renaissance que l'on doit à une poignée d'individus hardis et éclairés...

Mais pour JACOBS qui a traversé deux conflits planétaires et connu la Guerre Froide, la fin du monde est advenue un 20 février 1987...

Mr SMITH

 

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28 octobre 2012

Les origines troubles de SHARKEY

Fidèle lieutenant d'Olrik, Sharkey apparaît dans Le Mystère de la Grande Pyramide (1950). Au volant de sa grosse Lincoln Cosmopolitan noire, Sharkey-Lincolnil est dépeint comme l'archétype du gangster américain, plutôt brutal, gouailleur, et primaire, avec un physique à l'avenant : mâchoire de molosse, cigarette au bec, nez écrasé de boxeur...des traits qui s'accentueront d'ailleurs au fil des albums (notamment en ce qui concerne le nez qui devient nettement cassé )... Notez sa chevelure noire dans cette 1ère case (erreur d'encrage...?).

sharkey

Dans S.O.S. Météores, il est décrit ainsi (via un commentateur de radio) : "Sharkey , dit "le gorille", énorme brute au faciès bestial, pommettes...", ce qui sent fort la charge comique d'E.P. Jacobs envers ce personnage récurrent - et finalement attachant - des aventures de Blake & Mortimer !

Nous sommes donc bien dans la caricature et il n'y a guère de raison d'y voir une référence manifeste à un personnage connu, contrairement à d'autres caractères importants de la série (comme, par exemple, l'acteur Yul Brynner ayant servi de modèle pour le Dr Focas ou Jean Gabin pour le commissaire Pradier...). Néanmoins, on a pu lire que Sharkey serait inspiré du comédien anglo-saxon Victor McLaglenMacLaglen(ex-boxeur et lutteur), une gueule mémorable d'Hollywood, familier des rôles de brute, plutôt au grand cœur, et souvent portée sur la bouteille... Pour séduisante, la ressemblance n'est pourtant pas franchement frappante. VictorMcLaglen_StrongBoytrailer1929Mais nous avons néanmoins découvert un indice qui pourrait, a priori, conforter cette version et expliquerait l'origine de son nom : quand il se produisait comme boxeur, c'est sous le surnom de..."Sharkey McLaglen " !

A noter au passage qu'au moins deux autres boxeurs célèbres portèrent ce nom/surnom (d'origine irlandaise) : les américains Sailor Tom Sharkey et Jack Sharkey, mais sans qu'aucun ressemble pour autant à l'homme de main de nos chères bandes dessinées...

 Cela nous amène à évoquer la thèse que défend Viviane Quittelier (petite-fille par alliance d'Edgar P. Jacobs) dans son livre "Souvenirs Inédits ". D'après elle, il ne fait pas de doute que le modèle de Sharkey n'est autre que le champion de boxe belge Cyrille Delannoit, Cyrille_Delannoit-1948Cyrille_Delannoit-facequi devait succéder à Jacobs dans le cœur de sa première femme, "Nini". L'auteur de BD s'en serait en quelque sorte "vengé" ainsi en lui faisant incarner une brute épaisse dans ses albums...! Pour notre part, non seulement la ressemblance de ce boxeur (pas plus qu'un autre) avec Sharkey n'est guère évidentemais il nous semble aussi assez mesquin et fumeux de la part de Jacobs d'agir ainsi vis à vis de son "rival"... (en effet, il est souvent difficile de suivre V. Quittelier dans ses - nombreuses - analogies supposées, allant parfois à l'encontre d'évidences avérées ...En revanche, elle n'avance pas d'explication concernant l'origine du nom "Sharkey".sharkey-profilsharkey-aff_collierSur ce dernier point, nous sommes tombés récemment sur une autre source qui nous semble sérieuse et plausible compte tenu de la nature de la référence : E. P. Jacobs, et son ami Jacques Van Melkebeke qui l'assistait dans ses scénarios, auraient puisé ce nom dans une suite de nouvelles d'un de leurs auteurs de prédilection, Arthur Conan Doyle, qui mettent en scène un redoutable capitaine Sharkey, dans ses "Contes de Pirates ".

Sharkey-Doyle

Par ailleurs, et là c'est plus surprenant, cette même source affirme que le modèle physique du second d'Olrik est...l'acteur Spencer Tracy, dessin à l'appui ! Sauf que ce n'est pas du tout évident non plus... (y aurait-il ici une confusion avec V. McLaglen ?)

Alors, qui se cache derrière la face de "gorille" de Sharkey A notre humble avis, personne en particulier, si ce n'est une certaine image schématique de l'Américain mal dégrossi, aux antipodes de la distinction innée de nos deux héros britanniques,  Blake et Mortimer...!

Mr SMITH

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12 juillet 2012

Star Wars : La Revanche des Planos

Et voici l'épisode III de notre comparatif exclusif  entre L'Enigme de L'Atlantide d'E.P. Jacobs et la saga galactique de George Lucas, La Guerre des Étoiles !

Dans ces films, un personnage énigmatique fait quelques apparitions remarquées, le chasseur de prime Boba Fett. Bardé d'armes et de divers gadgets, il traque les héros avec ruse et acharnement...

boba_fett_1 On remarque notamment sur son dos un "jetpack", dont il fait usage ponctuellement (voir Le Retour du Jedi - 1983) pour effectuer des bonds impressionnants, qui ne manquent pas de surprendre ses proies...Or ce propulseur individuel à fusées n'est pas sans rappeler

PLANOS_al'équipement dorsal équivalent des fameux Planos atlantes ! Néanmoins, sur le plan technologique, force est de constater qu'Edgar P. Jacobs est dans l'anticipation pure là où G. Lucas se contente de reprendre un procédé somme toute assez primitif.

En effet, l'auteur de BD belge ne donne quasiment aucun indice sur le type d'engin qui permet à ses personnages d'évoluer au dessus du sol ; tout au plus évoque-t-il  "un léger ronronnement" accompagnant les déplacements des hommes équipés de planos*... Une enigme en soit : la science des Atlantes (1955) nous dépasse ! 

Bien qu'évoluant dans un univers futuriste et extra-terrestre, Boba Fett dispose d'un engin de vol autonome nettement plus rudimentaire si l'on en juge par les flammes que crachent les tuyères... Il est clair que dans la conception de ce personnage, George Lucas (et son équipe créative) était fortement imprégné par la culture populaire nord-américaine de la première moitié du XXe siècle (notamment la pulp culture), particulièrement riche en récits de science-fiction, si l'on en juge par la quantité de clins d'œil à cet imaginaire rétro-futuriste (qui échappent d'ailleurs à la majorité du public européen, notamment les jeunes générations, mais qui réjouissent les initiés...) qu'il se plaît à distiller dans la série de La Guerre des Étoiles.

Donc, loin de nous la tentation de le soupçonner de s'être inspiré des Planos d'E.P. Jacobs, car les références possibles abondent suffisamment aux USA : citons notamment le pionnier du genre, Buck Rogers (roman en 1928, puis comics, feuilletons radiophoniques et cinématographiques...), et le fascinant Rocket Man/Commando Cody ("serials" de la fin des années 40-début 50), deux héros dotés d'un réacteur dorsal (le dernier étant mû par l'énergie atomique)...

Buck

 

Cody-2

 

 

 

 

 

 

 

 (*) On peut parier qu'il en est de même avec le planos dans l'esprit du créateur de Blake & Mortimer, compte tenu de la description qu'il donne par ailleurs des chars volants atlantes,  équipés de "moteurs atomiques à répulsion électro-magnétique"... Pour revenir à Star Wars, les "vols" de Boba Fett sont pour le moins furtifs, contrairement aux planos, s'apparentant en cela aux véritables aeropak/jetpack/rocketbelt qui furent expérimentés (avec succès mais sans applications pratiques, ne serait-ce que pour des raisons d'autonomie trop brève - quelques dizaines de secondes - en regard de l'énergie dépensée...) aux États-Unis, à partir de la fin des années 50, pour le compte de l'Armée.

Néanmoins, ces engins spectaculaires firent (et font toujours) la joie des spectateurs dans des parcs d'attractions (Disney's Tomorrowland ), lors d'exibitions événementielles, ou dans des apparitions cinématographiques (comme dans le prologue sensationnel du James Bond Opération Tonnerre / Thunderball , en 1965).  A noter que le propergol communément utilisé alors est de l'eau oxygénée concentrée (pas de flammes en sortie de tuyère) :

Aeropak-1959

hydrogen-peroxide-rocket-belt-61Notez enfin qu'on en apprend un peu plus sur Boba Fett dans l'épisode II de Star Wars, L'Attaque des Clones (2002), en particulier sur son père, Jango Fett, lui-même chasseur de prime redouté, dont il est le fils/clone adoptif (!), l'occasion surtout de mieux voir le fameux jetpack en action...

En conclusion, si les armes futuristes à rayon laser sont de mise tant dans L'Énigme de l'Atlantide que dans La Guerre des Étoiles, il faut reconnaître que l'approche technologique d'Edgar P. Jacobs, dans sa fantaisie apparente,  s'avère ici plus cohérente dans sa modernité (et son mystère)... Mais G. Lucas n'en mérite pas moins notre respect et notre admiration pour ces références pertinentes et sympathiques, bien entendu !

JangoFett

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IMG_4134

Mr SMITH

 

 

 

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18 juin 2012

Star Wars : le Retour de Jacobs

Dans le prolongement de mon article sur les parallèles architecturaux entre la fameuse saga cinématographique de George W. Lucas et la BD L'Enigme de l'Atlantide (1955) d'Edgar P. Jacobs, il convient d'ajouter celui concernant les véhicules futuristes à sustentation (magnétique dans ce dernier cas), et notamment les "automobiles" :

La voiture officielle de Magon, le traître atlante (cf. l'article sur la "Magonmobile" dans ce blog) > 

Magonmobile

...et le Landspeeder du héros Luke Skywalker, visible dans le film initial de la saga, La Guerre de Étoiles (1977 - rebaptisé Épisode IV / Un Nouvel Espoir)>

Luke-speeder_front

Landspeeder_run

Le designer de cet engin est le Britannique John Stears (1934-1999), grand expert en effets spéciaux qui a aussi œuvré sur les 8 premiers films de James Bond ...

Alors,  qui osera dire encore "les histoires d'Edgar, c'est ringard..." ?!

Mr SMITH

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16 juin 2012

Star Wars : Jacobs contre-attaque !

Sous ce titre quelque peu provocateur, un constat que j'ai pu faire en revoyant récemment des images extraites du troisième volet (épisode VI) de la fameuse "Guerre des Étoiles" de George W. LUCAS, Le Retour du Jedi (1983).

LE-RETOUR-DU-JEDIIl s'agit d'une certaine analogie qui m'a frappé entre l'architecture du monumental repère de l'ignoble Jabba Le Hutt dans les montagnes du désert de la planète Tatooine...

JabbaPalace_jedi...et celle de la villa futuriste (planche 30) que rejoint le fêlon Magon à bord de son auto à sustentation, dans l'Enigme de l'Atlantide (1955):

Villa-AtlantideLes - beaux - décors de Star Wars sont signés Ralph McQuarrie (décédé en mars 2012, à 82 ans), et n'ont sans doute pas subi l'influence des œuvres d'Edgar P. Jacobs... Néanmoins, c'est la preuve que ce dernier n'avait vraiment pas à se sentir complexé quand il déclarait, quelque peu désabusé, lors de la sortie de La Guerre des Étoiles (1977) "...à côté de ça, mes bandes-dessinées, c'est de la science-fiction à papa ! " (d'après le témoignage de Didier Pasamonik dans un documentaire écrit et réalisé par Francis Gillery, "Edgar P. Jacobs, Blake ou Mortimer ? " )

Jabba-Palace

D'une part,  le créateur de Blake & Mortimer n'avait nullement à rougir de ses scénarios, autrement plus élaborés que ceux du space opera de G. Lucas (qui a juste transposé dans le futur et sous d'autres cieux les schémas basiques des romans de chevalerie), d'autre part, il était non seulement "dans le coup" à son époque, mais souvent en avance ! Ainsi, sa majestueuse villa atlante, siège des comploteurs, trouve manifestement son inspiration dans le célèbre Guggenheim Museum de New York, du grand architecte américain Frank Lloyd Wright, alors en cours de construction (les travaux démarrèrent à l'été 1956, et il ne sera ouvert au public qu'en octobre 1959, son élaboration remontant à 1943 ) ...

Bien sûr, Jacobs a pris quelques libertés par rapport au fameux musée pour s'en démarquer : il a notamment inversé l'évasement des parois de sa bâtisse... Mais, on trouve des variations plus conformes au dessin de F.L. Wright dans d'autres décors de L'Enigme de l'Atlantide, ce qui confirme bien l'évidente filiation...

*L'architecte américain (mort 6 mois avant l'inauguration du musée) présente la maquette de son œuvre ultime >

 

flwright_Gugg-maquetteQuant au palace de Jabba Le Hutt, certains y ont vu une réminiscence des dômes du prestigieux M.I.T. de Boston, le Massachusetts Institute of Technology, conçu en 1916 par William Wells Bosworth...


*Le célèbre M.I.T.de Boston et ses dômes...

MITdomes

 

 

 

 

Quoiqu'il en soit, la villa atlante n'a rien à lui envier en terme d'impact visuel, et l'on en vient à regretter le manque d'ambition chronique des producteurs français en matière de films de science-fiction, alors que des joyaux comme L'Enigme de L'Atlantide attendent toujours l'adaptation d'envergure internationale qu'ils méritent ! 

Mr SMITH

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07 avril 2012

B & M dessinés par François Roussel

Voici un dessin signé François ROUSSEL, connu des amateurs de BD animalière avec sa série "Matt & Higgins" et "Des Bêtes !", et accessoirement pour ses illustrations dans le magazine d'autos de collection Gazoline.

Dans le n°174, il a choisi un peu curieusement d'utiliser Blake et Mortimer pour agrémenter la présentation d'une HILLMAN Minx phase IV (de 1949-51 et NON 1955 comme indiqué dans la légende !) :

Gazo_Minx 

En effet, il eut été plus pertinent de représenter un modèle postérieur (Phase VI) tel qu'il en apparaît - furtivement - dans La Marque Jaune... (et avec Olrik mal orthographié, ça fait un peu désordre !)

Néanmoins, en dépit d'un graphisme moins rigoureux que celui d'E.P. Jacobs, la démarche était suffisamment sympathique pour que je la signale...

A noter aussi que dans le Gazoline n°187/mars 2012, plusieurs page sont consacrées à l'étude des fameuses AUSTIN A40 (Devon, Dorset, Somerset), pour ceux qui voudraient en savoir plus sur ces autos apparaissant dans Le Mystère de la Grande Pyramide et La Marque Jaune (voir notre article dédié dans ce blog)...

gazoline.net

roussel-desbetes.blogspot.fr

Mr SMITH

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