En cette période d'hystérie collective autour du ballon rond, il m'a semblé opportun d'évoquer un ancien objet ludique promotionnel du Journal Tintin, et la campagne à laquelle participa - avec d'autres auteurs* de ce périodique - Edgar P. JACOBS...

Baballes

Il s'agissait en effet d'une "baballe " à l'effigie de Milou et de son maître, qui sera apparemment déclinée en plusieurs couleurs et formats, selon les pays...

Baballe-Milou

Baballe-EPJ

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lancée dans le journal au début de 1968, il s'en suivit une opération pour sa diffusion en direct auprès des lecteurs : ces derniers se verraient remettre une baballe à la faveur de séances de dédicace se tenant au fameux grand magasin bruxellois, "Le Bon Marché ".

Rappelons qu'avant de se lancer dans la bande dessinée, E. P. JACOBS réalisa bon nombre d'illustrations "alimentaires" avant la 2e Guerre Mondiale, entre autres pour les catalogues du même Bon Marché. On peut donc imaginer sa jubilation de revenir ainsi chez son ancien employeur, avec désormais l'aura d'un auteur et artiste célèbre !

BonMarché

EPJ-bon-marche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Baballe-x4

En comparant les clichés des auteurs de Tintin ci-dessus, vous noterez que seul celui d'E. P. JACOBS semble avoir fait l'objet d'un montage pour y intégrer la dite baballe (il devait vraisemblablement tenir plutôt un verre lors d'un cocktail ). Il faut dire qu'en 1968, cela faisait déjà 2 ans qu'avait été publiée la dernière aventure en date de Blake & Mortimer, "L'Affaire du Collier ", et qu'il faudra encore patienter jusqu'en 1971 pour voir les premières pages des "3 Formules du Professeur Sato " ; aussi, dans l'intermède, "l'ermite du Bois des Pauvres "ne devait pas souvent se montrer à la rédaction du journal Tintin, et l'on peut supposer qu'il n'a pas jugé utile de se déplacer spécialement pour se soumettre à une telle séance photo, s'agissant d'un produit dérivé du héros d'HERGÉ, et non des siens. Question de fierté, probablement....

A la lueur de cet épisode, il apparaît aujourd'hui tout à fait anormal et regrettable que JACOBS n'ait pas bénéficié à l'époque d'une promotion et d'un merchandising comparable au père de Tintin : outre la reconnaissance supplémentaire de son talent, cela lui aurait assurément apporté un confort matériel appréciable, plus en adéquation avec la valeur exceptionnelle de son travail. Cela laisse d'autant plus rêveur quand on voit tout ce qui s'est fait depuis sa disparition !

Mr SMITH

* (Tibet, Graton, Greg, Weinberg, Vance, Funcken)

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